Comment aider une amie ou un ami

Les réactions bienveillantes de personnes qui apportent leur soutien peuvent contribuer à prévenir ou à atténuer le traumatisme continu et sont un élément fondamental du processus de guérison.
Le soutien peut englober beaucoup de choses et prendre de nombreuses formes.

Certaines personnes qui ont subi des violences sexuelles peuvent souhaiter être simplement écoutées avec compassion. 

Si l'agression est récente, elles voudront peut-être être accompagnées pour être vues par une infirmière examinatrice des cas d'agression sexuelle, à l'urgence ou à la clinique, pour recevoir des soins médicaux ou recueillir des preuves médicolégales. 

D'autres personnes veulent quelqu'un qui puisse les soutenir à long terme, par exemple en prenant contact régulièrement pour demander comment elles vont, en fournissant un soutien psychologique si elles décident de signaler les faits à la police et de s'engager dans une procédure judiciaire ou en les accompagnant à des consultations.

La personne à qui vous apportez votre soutien ne sait peut-être pas ce dont elle a besoin dans l'immédiat, et c'est normal. 

Chacun est différent et chaque victime ou personne agressée a des expériences et des besoins différents. Les conseils qui suivent sont destinés à servir de fondement pour vous aider à comprendre comment favoriser des interactions sécuritaires, bienveillantes et sans jugement entre vous et la personne à qui vous apportez votre soutien.

Tout d'abord, croyez-la

Il a vraisemblablement fallu du courage à la personne à qui vous apportez votre soutien pour vous dire qu'elle a été agressée sexuellement. De nombreuses victimes et personnes qui ont été agressées craignent de ne pas être crues. Vous pouvez assurer la victime ou la personne agressée que vous la croyez, qu'elle n'est pas seule et que vous êtes là pour l'écouter et la soutenir. 

Remerciez-la de s'être confiée

Vous reconnaissez ainsi qu'il lui a probablement fallu du courage pour vous parler de l'agression et vous contribuez peut-être à lui donner le sentiment que sa décision d'en parler est la bonne.
Vous pouvez dire, par exemple :
« Merci de t'être confiée à moi. Je suis bien contente que tu l'aies fait. Je suis là pour toi et je te crois. »

Validez ses sentiments

La personne à qui vous apportez votre soutien se sent peut-être désorientée, effrayée, en colère ou triste ou ressent toute autre émotion ou mélange d'émotions. Assurez-la que ses sentiments sont naturels et normaux en disant, par exemple : « Ta colère est tout à fait légitime » et « Tu n'es pas seule. »

Assurez-la qu'elle n'est pour rien dans l'agression

Vu la fréquence à laquelle le blâme est rejeté sur les victimes, de nombreuses personnes qui ont subi des violences sexuelles éprouvent de la culpabilité ou de la honte, ou s'en veulent. 

Vous pouvez lui dire que de nombreuses personnes ont ces émotions et qu'elle peut vous confier des pensées et des sentiments de cet ordre. Dites-lui également qu'elle n'a pas à avoir honte et qu'elle n'a rien fait pour susciter la violence sexuelle.

Il est essentiel que les personnes qui ont subi des violences sexuelles gardent le contrôle de toutes les décisions concernant leur rétablissement, entre autres des modalités du soutien à leur apporter. Cela fait partie des efforts pour rendre à la victime ou à la personne qui a été agressée le sentiment de puissance et de contrôle dont l'a privée la personne qui a choisi de la violenter. 

Les personnes qui ont subi des violences sexuelles ont des réactions très diverses. 

Une personne qui vous dit qu'elle a subi des violences sexuelles peut être visiblement bouleversée ou parfaitement calme. Les gens ont des mécanismes de défense différents pour faire face au traumatisme et des moyens différents d'exprimer leur émotion. Certaines personnes ont besoin de temps pour appréhender leurs émotions.

Si une personne semble calme et posée, cela ne veut pas dire qu'elle n'a pas été agressée. Peut-être se sent-elle abattue ou est-elle en état de choc. 

Ne la jugez pas et ne faites pas de suppositions en vous fondant sur des apparences. Quelle que soit sa réaction, la personne a besoin de votre soutien et de votre compassion.

Répondez aux besoins immédiats

Si la violence sexuelle est récente, vous devez répondre aux besoins immédiats de sécurité et de soins médicaux que peut avoir la victime ou la personne qui a été agressée. Vous pouvez commencer par demander à la personne si elle est en sécurité et si elle a besoin de soins médicaux. 

Voici quelques façons – parmi d'autres – de le faire :

  • Êtes-vous actuellement dans un lieu où vous vous sentez en sécurité?
  • Que pouvons-nous faire pour que vous vous sentiez davantage en sécurité?
  • Voulez-vous que je reste au téléphone avec vous jusqu'à ce que vous vous trouviez dans un lieu où vous vous sentez davantage en sécurité?
  • Si la personne vous a envoyé un message texte ou un courriel : Voulez-vous que je vous appelle? À quel numéro puis-je vous joindre? Est-ce que je peux vous appeler maintenant?
  • Vu ce que vous avez subi, il y a des questions médicales auxquelles il faut penser. Si vous ne voulez pas en parler maintenant, il n'y a pas de problème. Je veux seulement que vous sachiez qu'il y a des endroits sûrs où vous pouvez aller quand vous serez prête. Je peux vous accompagner, si vous voulez.

Si la personne est en danger immédiat, aidez-la à se sortir de cette situation. Cela peut inclure un appel au 911. N'oubliez cependant pas que certaines personnes ne se sentent peut-être pas en sécurité ou sont réticentes à appeler la police après une agression (et en général) et ne vous laisseront pas appeler le 911.

Après une agression, une personne peut souhaiter obtenir des soins médicaux pour ce qui suit : lésions physiques; test de grossesse, contraception d'urgence et consultation sur les options en matière de grossesse, y compris l'avortement; tests de dépistage et traitement des infections transmissibles sexuellement (ITS); test VIH et traitement de l'infection par le VIH. Si l'agression ou les agressions ont eu lieu dans les cinq derniers jours, la victime ou la personne qui a été agressée pourra avoir accès aux services d'une infirmière examinatrice des cas d'agression sexuelle.

Ne lui dites pas quoi faire

En apportant votre soutien, une des meilleures choses que vous puissiez faire est d'aider la victime ou la personne qui a été agressée à se sentir libre de prendre des décisions en connaissance de cause. Vous pouvez passer en revue les options qui s'offrent à elle, mais il est important de lui donner la possibilité de prendre les décisions qui lui paraissent appropriées. 

Voici quelques-unes des questions que vous pouvez poser et des choses que vous pouvez dire à une victime ou à une personne qui a été agressée et qui s'est confiée à vous :

  • Comment vous sentez-vous?
  • De quoi avez-vous besoin?
  • Y a-t-il quelque chose dont vous voulez parler?
  • De quoi voulez-vous parler? 
  • Par quoi voulez-vous commencer? 

Respectez sa décision

Vous pouvez passer en revue les options qui s'offrent à la victime ou à la personne qui a été agressée, mais n'essayez pas d'influencer ses décisions. Il est fondamental qu'elle ait le contrôle de ce qui va se passer ensuite. C'est essentiel pour qu'elle retrouve un sentiment de puissance et de contrôle sur son corps et sa vie après des violences sexuelles.

Il arrivera que la ligne de conduite qu'adopte la personne ne soit pas celle qui vous semble la meilleure. Vous ne comprendrez pas forcément sa décision. Cependant, cette décision lui appartient et il est important que vous respectiez le choix qu'elle fait.

Quand elle est prête, renseignez-la sur les autres ressources

Il est important de ne pas pousser la victime ou la personne qui a été agressée à faire quoi que ce soit si elle n'y est pas prête ou ne le souhaite pas, y compris s'il s'agit d'une déclaration à la police. Le fait de signaler ou non des violences sexuelles à la police est une décision personnelle. Une fois encore, nous devons considérer que la victime ou la personne qui a été agressée sait ce qui est le mieux pour elle. 

Toutefois, si une victime ou une personne qui a été agressée vous dit qu'elle est prête à demander davantage de soutien, vous pouvez l'aider à faire le point sur les options qui s'offrent à elle. 

En résumé, voici certaines des mesures les plus importantes pour apporter du soutien à une personne qui a subi des violences sexuelles : 

  • Croyez-la.
  • Remerciez-la de s'être confiée.
  • Validez ses sentiments.
  • Assurez-la qu'elle n'est pour rien dans l'agression. 
  • Demandez-lui comment lui apporter du soutien.
  • Répondez à ses besoins immédiats.
  • Ne lui dites pas quoi faire. 
  • Respectez sa décision. 
  • Quand elle est prête, renseignez-la sur les autres ressources.